Maxime Touroute, à la conquête de l’interactivité
Issu de l’école polytechnique de Nice, Maxime Touroute est devenu un artiste digital entrepreneur. Il débute sa carrière dans le développement logiciel chez Millumin, à Paris. C’est à ce moment-là qu’il a travaillé sur les technologies de video mapping. Très vite, il découvre le potentiel narratif et émotionnel de la lumière dans l’art visuel et se dirige vers l’art numérique.
Maxime Touroute, à la conquête de l’interactivité
Inspiré par les installations dynamiques aperçues lors de divers festivals en France et en Belgique, où il découvre les installations de 1024 Architecture, Maxime Touroute réalise le potentiel immense de ces techniques. Projecteurs, lasers et jeux de lumière le conduisent à repenser l’utilisation de la lumière. Pourquoi ? Pour communiquer des émotions fortes et raconter des histoires captivantes.
En 2018, il s’établit à Lyon. Par hasard, ses compétences en ingénierie et sa passion pour l’art visuel le conduisent à s’impliquer dans un projet d’illumination novateur. Lors de la fête des Lumières off, il illumine le jardin du Malting-Pot, un bar et brasseur de bierres lyonnais proche de l’université Jean Moulin Lyon 3. Cette expérience représente un tournant, marquant le début de son engagement dans l’utilisation de la lumière comme outil principal de création artistique.

L’interactivité a toujours été au cœur de ses œuvres, évoluant et s’affinant projet après projet. « Mon travail est de réfléchir sur ce qui nous rend humains à l’ère de la technologie », explique-t-il. Ainsi, il explore les thématiques comme le collectif, la curiosité et l’interaction.
Créativité, interaction humaine et sens du collectif
L’innovation majeure de Maxime Touroute réside dans son utilisation du téléphone portable comme un outil démocratique d’interaction. Loin de lui les files d’attente classiques pour les installations interactives. « Le téléphone portable est devenu un outil idéal pour garantir la participation de chacun », affirme l’artiste. Avec cet outil, il rend possible une participation massive et simultanée. L’expérience humaine est simple, accessible et engageante pour tous.

« Nous avons travaillé d’arrache-pied pour créer des expériences inclusives qui invitent tout un chacun, peu importe l’âge ou la familiarité avec la technologie », explique Maxime Touroute. Cette approche inclusive et universelle à l’égard de la technologie n’est cependant pas seulement ludique. Elle est aussi éducative, transformant chaque interaction en une œuvre d’art collective où les barrières entre les jeunes et les moins jeunes s’estompent.

Développer des outils créatifs pour téléphone portable
Lors de la fête des Lumières, Maxime Touroute dévoilait le prototype de son installation interactive au Malting-Pot. Aujourd’hui, la technologie a évolué, et son équipe s’est agrandie. Avec l’aide de Rémy Dupanloup, ingénieur informatique, il a développé une infrastructure capable de gérer un flux massif de dessins envoyés par le public via des smartphones. Cette technologie permet non seulement l’affichage en temps réel, mais aussi la modération des contenus dans des contextes délicats comme les projections sur les ambassades.


Leur travail ne s’arrête pas là. La maintenance logicielle est cruciale étant donné les constantes mises à jour des smartphones. L’ajout de nouvelles fonctionnalités reste une priorité pour continuer à explorer de nouvelles formes de participation du public. Bien qu’ils couvrent 99 % des téléphones du marché, ils rencontrent encore des défis avec des appareils très anciens ou des navigateurs internet peu courants. Pour garantir une participation universelle, des tablettes et des téléphones supplémentaires sont disponibles pour les spectateurs lors des événements.
Let’s Draw dans The Drawing Project sur les façades
Au fil des années, son œuvre emblématique Let’s Draw est présentée plus de 80 fois dans une dizaine de pays. L’ensemble de ses réalisations lumière interactives et humaines est présenté sur le site The Drawing Project.
Parmi elles, une de ses réalisations favorites a été un spectacle de mapping à l’été 2022 sur le Radôme de Pleumeur-Bodou, en Bretagne. C’était pour les 60 ans de la Cité des Télécoms, sur son dôme blanc. L’événement a utilisé l’interaction de dessins pour créer une expérience unique pour les spectateurs, confortablement installés sur des transats tout en profitant d’une musique live.

Lors de la fête des Lumières 2024 de Lyon, Maxime Touroute a de nouveau présenté Let’s Draw dans le parc Blandan. C’était un moyen de créer du lien social avec les enfants comme avec les parents ; ou quand la technologie devient un vecteur d’expériences humaines enrichissantes.

Logiciels mutualisés pour la création artistique
Entrepreneur dans l’âme, et hébergé chez différents incubateurs de renom de la Station F au Pôle Pixel, Maxime Touroute a développé des logiciels mutualisés.
- Live Maker permet une interaction massive avec un public.
- Audio Broadcaster pour des projets sonores.
- Reveality pour la création d’expériences en réalité augmentée.

Ces outils facilitent des interactions complexes lors de projets divers, transformant ainsi chaque smartphone en un instrument de participation active.


Au fur et à mesure, il collabore avec d’autres artistes pour maximiser l’accessibilité et l’utilisation de ces technologies. Mais ses efforts pour combiner art et technologie ne s’arrêtent pas là.

Maxime explore également l’application de ses outils dans des jeux vidéo multijoueurs et des projets d’accessibilité, comme l’audiodescription pour les installations de video mapping.


Avec des projets de plus en plus ambitieux, Maxime Touroute continue d’innover. Quand la technologie est pensée de manière créative et inclusive, il prouve qu’elle enrichit nos vies de manière profondément humaine.

Approfondir le sujet
- Jouer au tennis de table en vidéo mapping, ping pong
- HeavyM, le mapping vidéo dans les mains des créatifs
- Éclairage connecté et interactif des grues Malraux à Strasbourg

Photo en tête de l’article : Maxime Touroute, à la conquête de l’interactivité – portrait © Julia Guérin